Saturday, April 09, 2005

Le vrai visage de l'UOIF : Antisémitisme, apologie et financement du terrorisme, et appel au Djihad

un rapport du
CENTRE SIMON WIESENTHAL EUROPE
Association à but non-lucratif loi du 1er juillet 1901
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Le vrai visage de l'UOIF :

Antisémitisme, apologie et financement du terrorisme, et appel au Djihad<

Introduction

L'UOIF (Union des Organisations islamiques de France) a été créée en 1983 par deux étudiants, le tunisien Abdallah Ben Mansour et l'irakien Mahmoud Zouheir. Elle regroupe aujourd'hui plus de 200 associations islamistes à travers toute la France. Elle a récemment été placée à la tête de la représentation officielle de l'Islam en France, grâce à la politique du gouvernement français, qui souhaitait établir un parallèle avec les conseils représentatifs des communautés juive et protestante.

Le discours officiel…

Officiellement, l'UOIF se présente comme une organisation à vocation culturelle et sociale, ayant pour but de favoriser l'intégration des musulmans en France.

« L'UOIF œuvre pour aider à répondre aux besoins cultuels, culturels, éducatifs, sociaux et humanitaires des musulmans de France. Elle participe à une prise de conscience individuelle et collective de la nécessité d'une intégration responsable et positive… »

[Présentation de l'UOIF sur son site Internet]

L'UOIF nie tout lien avec les Frères musulmans et, en apparence, rejet tout acte d’antisémitisme.

« L'UOIF condamne les actes antisémites »
« Attaquer les Juifs, c'est attaquer le Coran »
« L'UOIF n'a rien à voir avec les Frères musulmans, ni avec Tariq Ramadan»


[Déclarations de Fouad Alaoui, secrétaire général de l'UOIF, lors de l'émission de J.P. Elkabach sur Europe 1, le 13 juin 2004]

L'UOIF prétend refuser l'importation sur le territoire français de conflits étrangers.

« Tout en s'associant aux peines des peuples en difficulté, l'UOIF refuse l'émergence sur le territoire français ou l'importation, au nom de l'Islam, des problèmes ou conflits étrangers… »

[Présentation de l'UOIF sur son site Internet]

…et la réalité

En réalité, la vocation de l'UOIF est avant tout politique.
Conformément à la doctrine des Frères musulmans et du cheikh Qaradawi, avec lesquels elle entretient des liens multiples, l'UOIF vise principalement à asseoir son pouvoir sur les populations musulmanes de France et à les transformer en puissance politique et en base populaire auprès des institutions européennes.

Les liens de l'UOIF avec les Frères musulmans et avec le cheikh Qaradawi, idéologue proche du HAMAS (un mouvement interdit d’agir au sein de l’Union européenne, étant officiellement classé comme « organisation terroriste »), seraient en faite étroits. De plus, l'UOIF participe directement au financement du HAMAS en France, par le biais d'une association « caritative » française, le CBSP (Comité de Bienfaisance et de Secours aux Palestiniens).

Enfin, malgré ses dénégations officielles, l'UOIF encourage aussi un discours radical sur Israël et les Juifs, et son propre site Internet fourmille de messages de haine antijuive, d'appels au Djihad et d'apologie du terrorisme…

1. Les liens entre l'UOIF, les Frères musulmans et le cheikh Qaradawi.

Le cheikh Qaradawi ne serait pas seulement le mentor spirituel de l'UOIF et l'inspirateur de la stratégie d'islamisation de l'Europe menée par les Frères musulmans, mais également le président du CEFR (Conseil européen pour la Fatwa et la Recherche), inauguré à Londres en 1997. Il préside également au « Conseil scientifique » de l'IESH (Institut européen des Sciences humaines), principal centre de formation d'Imams en Europe, installé dans un petit village de la Nièvre, Saint-Léger-de-Fougeret. L'IESH dépend de l'UOIE (Union des Organisations islamiques d'Europe), dont l'UOIF est la branche française. [voir les sites www.fioe.org ou http://www.eu-islam.com/]

1.1 Qaradawi, le HAMAS et la banque du terrorisme Al Taqwa

Qaradawi, né en Egypte, a étudié à la célèbre université Al-Azhar du Caire, avant d'être emprisonné à plusieurs reprises pour son activité au sein du mouvement des Frères musulmans. Installé au Qatar depuis 1962, il a été nommé doyen de la faculté de la Shari'a (loi) islamique de l'université du Qatar en 1977. Il est considéré comme une autorité au sein du « bureau de l'orientation » des Frères musulmans, organe de direction de la structure internationale du mouvement. Animant une des émissions religieuses les plus regardées sur la chaîne Al Jazeera, il est devenu dans les années 1990 une des références de l'Islam sunnite contemporain. Qaradawi affirme être un champion moderniste des droits de la femme dans l’Islam, ses fatwas comprennent l’autorisation aux femmes mariées d’accomplir des attaques suicides malgré l’objection de leur mari. Plus récemment, il a encouragé l’assassinat de civils en Irak au nom du Djihad.

Le cheikh Qaradawi a été interdit de séjour aux Etats-Unis, après que ses liens avec la banque du terrorisme Al-Taqwa aient été dévoilés. Cette banque a vu ses avoirs gelés le 7 novembre 2001, en raison de ses relations avec le réseau Al-Qaïda. Réagissant à cette décision, lors d'un sermon du vendredi prononcé le 14 mars 2003 à Qatar, le Cheikh Al-Qaradawi a declaré :

« La plupart de mes biens et de mes avoirs étaient dans la banque Al-Taqwa. Cette dernière a été séquestrée, accusée d'être une fondation terroriste dirigée par des terroristes, sous prétexte que ceux-ci aident le HAMAS. »

Mais malgré ses liens étroits avec le HAMAS et avec la banque Al-Taqwa, Qaradawi reste persona grata en France et en Europe. Il a ainsi été invité par l'UOIF lors de son congrès annuel du Bourget en 2000. En juillet 2003, il a pris part au congrès du CEFR à Stockholm (voir ci-dessous). Plus récemment, à Londres en juillet 2004, il a participé, sur invitation du Maire de cette ville, Ken Livingstone, à l'inauguration du mouvement « Pro-Hijab » (en faveur du voile).

1.2 Les Fatwâs du cheikh Qaradawi autorisant les bombes humaines

Au début de la seconde Intifada, le cheikh Qaradawi rendit une fatwa affirmant que les attentats contre des civils israéliens étaient justifiés par le fait que « chaque citoyen ou citoyenne juif, en Israël, accomplit son service militaire, et est donc un soldat potentiel ». A d'autres occasions, le cheikh Qaradawi a invoqué des arguments pour justifier les attentats-suicides. Il a ainsi expliqué que les attentats-suicides, qu'il désigne quant à lui par l'expression « opérations de martyre », constituent une « forme de résistance à l'occupation » :

« Par ces opérations, Allah a compensé la faiblesse des Palestiniens. En effet ils ne disposent pas, contrairement aux sionistes, d'hélicoptères Apache, d'avions, de tanks et de missiles. Allah a compensé leur faiblesse par ces bombes humaines. C'est la justice divine. »

1.3 Qaradawi, le CEFR et les attentats suicides

Sur le site de l'UOIF, on ne trouve pas les fatwas du cheikh Qaradawi justifiant les attentats-suicides. Pourtant, le CEFR, qui est présenté officiellement sur le site de l'UOIF comme une « entité académique, islamique, spécialisée et indépendante composée de nombreux savants », n'est pas du tout étranger aux prises de position de Qaradawi sur cette question. La preuve en a été rapportée lors du dernier congrès du CEFR, réuni en juillet 2003 à Stockholm. Dans son discours, intitulé « le Djihad et le refus de le lier au terrorisme », le cheikh Qaradawi a longuement expliqué pourquoi les attentats-suicides commis par les Palestiniens ne constituaient pas des actes de terrorisme, mais un moyen de résistance, en reprenant les arguments développés dans ses fatwas que nous avons précédemment citées. [Voir le rapport de MEMRI, « Al-Qaradawi speaks in Favor of Suicide Operations at an Islamic Conference in Sweden », 24 juillet 2003, sur le site www.memri.org]

2. L'UOIF, le CBSP et le financement du HAMAS en France

Le 22 août 2003, au lendemain d'un attentat suicide dans un autobus à Jérusalem qui avait coûté la vie à vingt personnes et fait plus de cent blessés, le Président américain George W. Bush annonçait une série de mesures destinées à lutter contre le financement du mouvement terroriste HAMAS. Parmi ces mesures figurait la décision de geler les biens de six dirigeants du HAMAS, désignés comme des « Specially Designated Global Terrorists », et de cinq associations caritatives fournissant un soutien financier au mouvement terroriste. Parmi ces dernières figurait une association basée en France, le Comité de Bienfaisance et de Secours aux Palestiniens (CBSP), ainsi que l'Association de Secours Palestinien (ASP) installée en Suisse, et le Palestinian Relief and Development Fund (Interpal) basé à Londres. [Voir communiqué de l'Office of Public Affairs, www.ustreas.gov/press/releases/js672.htm]

La décision américaine rappelait que le HAMAS avait commis plus de cinquante attaques terroristes au cours de l'année 2002, parmi lesquelles les attentats meurtriers du Park Hotel à Natanya le soir de Pâques et de la cafétéria de l'université hébraïque à Jérusalem. Plusieurs citoyens américains et français figuraient parmi les victimes de ces attentats. Des détails furent ensuite révélés sur le mode de financement du mouvement HAMAS, qui « lève des dizaines de millions de dollars chaque année dans le monde entier en utilisant, comme couverture, les collectes de fonds à des fins caritatives… » :

Le HAMAS reçoit des dons de Palestiniens expatriés à travers le monde et de donateurs privés situés dans les Etats arabes, en Europe occidentale et en Amérique du Nord. Le HAMAS utilise un réseau d'associations caritatives pour faciliter son financement et pour canaliser l'argent. Les dons à des ONG sont mélangés et transférés d'une association à une autre pour dissimuler les traces de l'argent, puis ils sont détournés pour financer le terrorisme.

Le financement de la terreur par des associations « caritatives »

Le financement du terrorisme au moyen d'associations caritatives n'est pas nouveau. Il a été décrit par de nombreux experts du contre-terrorisme bien avant le 11 septembre 2001. Mais il a fallu les attentats meurtriers de New York et Washington pour que le gouvernement américain ouvre les yeux et se décide à lutter contre ceux qui financent la terreur. Le communiqué du 22 août 2003 énumère cinq associations qui servent à lever des fonds pour le HAMAS en Europe et au Liban. Le CBSP et l'ASP sont les principaux collecteurs de fonds pour le HAMAS respectivement en France et en Suisse.

Fondé en France au début des années 1990, le CBSP travaille en collaboration avec une douzaine d'organisations humanitaires liées au HAMAS, basées dans différentes villes de Cisjordanie et de Gaza ainsi que dans des camps de réfugiés palestiniens en Jordanie et au Liban. L'ASP, filiale du CBSP, a été fondée en Suisse en 1994. Ce groupe a collecté d'importantes sommes d'argent dans les mosquées et les centres islamiques, qu'il transfère ensuite aux sous-organisations du HAMAS. Interpal, ayant son siège au Royaume-Uni, a été la principale association caritative utilisée pour dissimuler les flux d'argent en direction du HAMAS. Des rapports indiquent qu'Interpal sert de coordinateur des collectes de fonds pour le HAMAS.

Le stand du CBSP au congrès de l'UOIF

L'UOIF a offert au CBSP la possibilité de mener sa collecte en lui ouvrant les portes de son congrès annuelle du Bourget, qui réunit des dizaines de milliers de participants. Lors du dernier congrès de l'UOIF au Bourget, en avril 2004, le stand du CBSP était un des plus visités. Au milieu du stand trônait une énorme maquette de la mosquée d'Omar de Jérusalem. Tout autour, la foule se pressait pour regarder et pour contribuer aux activités « caritatives » de l'association… [voir photographie sur le site du CBSP, www.cbsp-france.info/CBSP_fichiers/bour3g.gif].

Les nombreux visiteurs musulmans du stand CBSP étaient invités à participer activement au « soutien à la lutte du peuple palestinien ». Pour la modique somme de 50 euros, ils pouvaient en effet « parrainer un orphelin de Palestine »… Or, il suffisait de poser quelques questions aux responsables du stand pour avoir confirmation que ces orphelins n'étaient pas les enfants de victimes de l'Intifada, mais les orphelins des « martyrs » du HAMAS, ces bombes humaines qui ont entraînait dans leur mort des dizaines de civils israéliens, hommes, femmes et enfants…

Cette collecte menée en France par le CBSP, avec le soutien de l'UOIF, est conforme au programme défini par le mentor spirituel de l'UOIF, le cheikh Qaradawi. Ce programme, intitulé « campagne des 101 jours », est détaillé sur le site Internet du CBSP [www.cbsp.free.fr]. Cette campagne est la collecte lancée au profit du HAMAS dans tous les pays européens, par la « Coalition de la Bienfaisance » dont Qaradawi est le président. Son objectif est « d'atténuer les effets du blocus des territoires palestiniens ». Toutefois, ce but apparemment humanitaire n'est qu'une façade, et le cheikh Qaradawi dévoile l'objectif véritable de la « campagne des 101 jours » dans le programme publié sur Internet :

« Créer de petits projets agricoles et industriels pour rendre service au peuple palestinien dans l'ensemble et tout particulièrement aux familles des martyres... » [http://cbsp.free.fr/101days.lettre.htm]

Ainsi, les véritables bénéficiaires de la collecte menée par la « Coalition de bienfaisance », de l'aveu même de son président, sont les familles des ‘Shouhadas’ (terroristes suicides) du HAMAS…

3. Antisémitisme, apologie du terrorisme et appels au Djihad sur le site de l'UOIF

Une visite sur le site Internet de l'UOIF (www.uoif-online.com) permet de découvrir de très nombreux messages antisémites, faisant l'apologie du terrorisme ou comportant des appels au Djihad. On trouvera ci-dessous des exemples significatifs de ces messages.

3.1 Antisémitisme

3.1.1 Exemple 1

Messages datés du 25/8/04

[Titre] Tariq Ramadan n'enseignera pas aux USA, les Sionistes ont empêché sa venue …que l'on ne vienne plus me dire qu'il n'existe pas de lobbies juifo/sioniste… c'est un véritable cancer, une tumeur pour la planète et l'Humanité

et

« Les lobbies sionistes ainsi que leurs relais comme Daniel Pipes ont fait pression sur le gouvernement Américano-Sioniste de la Maison Blanche pour interdire à Tarik Ramadan d’enseigner l’Islam aux USA… Tout cela n’est destiné qu’à préserver l’image que se font les Américains moyens des Musulmans, à savoir des monstres sanguinaires, comme le leur ont enseigné leurs maîtres propagandistes et criminels de Tel Aviv. Pour préserver la bonne image de l’Entité Sioniste »

3.1.2 Exemple 2

Message daté du 26/8/04

« …ne t’inquiètes pas des pressions américaines sur Israël. Nous, le peuple juif, contrôlons l’Amérique et les américains le savent » (propos attribués à Ariel Sharon parlant à Shimon Peres à la radio israélienne Kol Israel le 3 octobre 2001) »

3.1.3 Exemple 3

Message daté du 4/10/04

[Titre] Jihad en Irak : les Mujahadeen tiennent Samarra

Toutes ces multinationales, aux mains de sionistes français, impliqués dans le financement d'opérations terroristes sionistes dans le monde, qui financent des campagnes électorales et présidentielles pour qu'un jour elles aient un retour d'ascenceur financier de la part de la marionnette qu'elles ont fait élir… Vous pouvez observer la cacophonie du gouvernement d'occupation sioniste français de la marionnette Raffarin, divisé par les sales coups montés par sa composante sioniste, enragée de voir Yisrael finir ses jours sans rien pouvoir faire…

3.2 Apologie du terrorisme

Exemple 4

Message daté du 10/7/04

[Titre] Exclusivité : en vidéo l'héroïque attaque à l'explosif contre les criminels sionistes à Gaza

Selem ahleykom,
Voici en vidéo la fameuse attaque à l'explosif qui a envoyé en enfer incha Allah des dizaines de soldats SS de l'armée nazie "tsahal" http://hamasonline.com/MediaC/tunnel_blast.htm

(NB Le lien vers le site du HAMAS fonctionne, toutefois la vidéo semble ne pas être accessible à la date de la rédaction du présent rapport).

3.3 Appels au Djihad

Exemple 5

Message daté du 12/7/04

[Titre] A LIRE ABSOLUMENT : Dialogue avec un Shahid (Martyr)

Ceci est un dialogue supposé avec un ‘Shahid’ (martyr), mais significatif de beaucoup de choses qui sont citées et confirmées dans le Coran et la Sunna ; concernant les grands mérites de la ‘Shahada’ (le fait d'être martyr) et les ‘Shouhadas’ (les martyrs) qui ont tout donné dans la voie d'Allah… C'est donc un dialogue imaginaire entre un ‘Shahid’ et un musulman croyant qui veut faire le djihad et se lancer dans les champs de bataille, mais qui rencontre beaucoup d'obstacles sur ce chemin…

Exemple 6

Message daté du 4/10/04

« Le Bien n’existe que par l’épée et à l’ombre de l’épée ! Les gens ne peuvent devenir obéissants si ce n’est sous la menace de l’épée ! L’épée est la clé de la porte du Paradis. »
(Ayatollah Khomeyni)

Les exemples cités ci-dessus montrent comme l'UOIF, qui déclare rejeter tout antisémitisme et refuser l'importation des conflits étrangers, enfreint ces propos sur son site Internet …

Ce Forum n'est pas un lieu de discussion « libre ». Il comporte en effet un « modérateur », chargé de trier les messages postés sur le Forum et d'écarter ceux qui contiennent des propos illicites ou qui ne correspondent pas à l'esprit affiché par l'organisation. Or, ce modérateur, après enquête, s'avère être le « Directeur de la communication » de l'UOIF, M. Boukhzer…

CONCLUSION

La présente étude montre que l'UOIF, contrairement à ce qu'elle affirme officiellement sur son site Internet, n'est pas une association à vocation culturelle, qui favorise l'intégration des musulmans en France… C'est une organisation politique islamiste, liée aux Frères musulmans et au cheikh Qaradawi, idéologue qui a légitimé les bombes humaines.

Non seulement l'UOIF n'encourage pas l'intégration des musulmans de France, mais elle encourage en réalité la transformation des populations musulmanes en vivier pour les mouvements islamistes les plus radicaux. En parrainant le financement du HAMAS par le CBSP, qu'elle accueille à son congrès annuel du Bourget, l'UOIF participe directement au soutien logistique du terrorisme.

La publication d'appels au Djihad et de messages anti-juifs sur le propre site Internet de l'UOIF montre le vrai visage de cette organisation, qui - derrière son masque officiel - incite les musulmans de France à devenir des soldats du Djihad international.

En Bref, l’UOIF est une menace à l’encontre du bien-être des musulmans, des relations intercommunautaires, des valeurs de la République et de l’intérêt national français pour la poursuite d’une paix équilibré au Moyen Orient.

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Islam « L’UOIF, une minorité radicale »

Islam « L’UOIF, une minorité radicale »
Le congrès de l’Union des organisations islamiques de France s’ouvre aujourd’hui au Bourget. Entretien avec la sociologue Leïla Babès.

Pouvez-vous nous dire quelle tendance et quelle influence représente l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) au sein de l’islam ?

Leïla Babès. L’UOIF est une organisation qui commence à être connue. Elle est de tendance Frères musulmans et s’inscrit dans un mouvement transnational. Elle n’est pas contrôlée par un État étranger - comme l’Algérie avec la Mosquée de Paris ou le Maroc avec la Fédération nationale des musulmans de France - mais - relève d’un mouvement mondial. Le succès et la visibilité de l’UOIF tiennent à sa capacité d’organiser ce congrès annuel au Bourget et de mobiliser les foules. Il s’agit plus d’une démonstration de force que d’une réelle représentativité de l’islam de France, car ce mouvement est très minoritaire dans le pays. Le plus terrible, c’est que les pouvoirs publics n’ont comme interlocuteurs que ces organisations ostentatoires.

Y a-t-il eu une évolution depuis la genèse de l’UOIF en 1983 ?

Leïla Babès. L’UOIF, par le biais notamment de Tariq Ramadan, rassemble beaucoup de jeunes. Grâce à son charisme et à la force de sa prédication, il a recruté un nouveau public. Quant aux prises de position, ce mouvement faisant partie des Frères Musulmans, il pratique la dissimulation. Jouant sur le registre de l’ambiguïté, avec un double langage. Clamant une adhésion formelle et officielle aux lois du pays dans lequel ils vivent, tout en continuant de développer des thèmes et des références en totale contradiction avec les valeurs de la société : le voile leur permet ainsi de faire de l’entrisme dans les institutions. Ne l’oublions pas, les Frères musulmans ont été fondés pour restaurer le califat (cette fonction religieuse faisait du sultan ottoman le chef spirituel de tous les musulmans) aboli en Turquie en 1924. C’est, par exemple, l’UOIF qui avait demandé que l’article permettant de changer de religion soit retiré du texte du culte, c’est dire son orthodoxie.

Le 19 juin prochain auront lieu les élections au sein du Conseil français du culte musulman (CFCM). Cet organisme semble plus être un lieu d’enjeux de pouvoir que de discussion du culte...

Leïla Babès. Cette instance n’a aucune légitimité vis-à-vis des musulmans. On lui a donné et elle s’est octroyée des prérogatives qui dépassent largement le domaine du culte. C’est un conglomérat de fédérations de mosquées, de courants idéologiques qui, à l’exception de la Mosquée de Paris, sont fondamentalistes. L’islam de France qui compte 5 à 6 millions de personnes, majoritairement laïcs, sécularisés, sont représentés par des intégristes. Il faut que le CFCM se saborde. La loi républicaine ne garantit que la liberté de l’exercice du culte. Et rien d’autre. Il faut définir ce qu’est le culte dans l’islam, ce sont les cinq piliers, et là encore rien d’autre. Il y a un travail pédagogique à faire sur ce que dit la laïcité et sur ce que dit l’islam. Qu’on s’entende déjà là-dessus et que l’on sépare clairement le culte de l’idéologie.

Entretien réalisé par

Sophie Bouniot

Saturday, March 26, 2005

UOIF: L'ombre du Cheikh Qaradhawi

Ce religieux inspire l'organisation
L'ombre du Cheikh Qaradhawi

Cécilia Gabizon
Le Figaro [26 mars 2005]

C'est le télécoraniste le plus célèbre du monde musulman. À 61 ans, Cheikh Youssef al-Qaradhawi rassemble des millions de téléspectateurs chaque dimanche soir avec son émission sur al-Jezira, «La charia et la vie».

Longtemps mentor et invité de marque de l'UOIF, il ne sera pas au congrès du Bourget cette année. L'organisation, toujours en quête de reconnaissance, a soigneusement écarté de sa tribune toutes les personnalités controversées. Pour autant, la distance affichée ne signifie pas rupture. «Qaradhawi inspire la posture théologique et la stratégie politique de l'UOIF», assure Fiammeta Venner, qui publie prochainement OPA sur l'islam de France (Ed. Calmann-Lévy), un ouvrage consacré à l'UOIF. «Le Cheikh Qaradhawi a formulé dans les années 90 la tactique déployée par l'UOIF : l'investissement dans la vie associative, la participation à toutes les instances musulmanes pour obtenir à terme la représentation de l'islam de France», explique la chercheuse au CNRS.

Qaradhawi suit en cela la vision des Frères musulmans, une mouvance fondamentaliste dans laquelle se situe l'UOIF. Pour le Cheikh, qui a côtoyé les Frères musulmans dans sa jeunesse en Égypte, les règles de l'islam doivent régir la vie des sociétés musulmanes. Un ordre qui doit s'imposer par le bas, par l'islamisation des familles.

Pressenti il y une quinzaine d'années pour devenir le nouveau guide des Frères musulmans, Cheikh Qaradhawi, basé au Qatar, a préféré «se consacrer à ses travaux» et notamment l'élaboration d'une théologie de l'islam en Europe. Il préside aujourd'hui le conseil européen de la fatwa qui émet des avis religieux «adaptés» au contexte occidental. Plusieurs membres de l'UOIF y siègent également.

Ces responsables entendent, dans le respect des lois locales, batailler pour la nourriture halal, le foulard, les écoles musulmanes... Et peut-être plus. «L'islam est entré deux fois en Europe et deux fois l'a quittée, avait lancé Qaradhawi sur al-Jezira en janvier 1999. Peut–être que la prochaine conquête, avec la volonté d'Allah, se fera par la prédication et l'idéologie. Toute terre n'est pas obligatoirement conquise par l'épée... Nous voulons qu'une armée de prédicateurs et d'enseignants présente l'islam dans toutes les langues et tous les dialectes.»

L'été dernier, le Cheikh s'était directement impliqué dans la bataille pour le foulard islamique en lançant une campagne prohijab en Europe et des séminaires pour convaincre les députés européens. À l'époque, l'UOIF, qui cherchait à conforter sa place dans le Conseil français du culte musulman, s'était bien gardée de participer à cette opération publique.

Cet éloignement stratégique n'entame pas les liens entre l'UOIF et Qaradhawi. Le Cheikh oriente toujours la formation délivrée aux futurs imams français dans l'institut de Bouteloin (Nièvre). Présenté dans le monde musulman comme un «modéré», il n'en défend pas moins les châtiments corporels contre les femmes et une répression féroce contre les homosexuels.

L'UOIF fête sa domination sur l'islam de France

Cette mouvance fondamentaliste organise ce week-end son grand rendez-vous annuel au Bourget
L'UOIF fête sa domination sur l'islam de France
Thierry Portes
Le Figaro[26 mars 2005]

Ce week-end, lors de son grand rassemblement annuel en Seine-Saint-Denis, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) s'apprête à afficher devant des dizaines de milliers de musulmans sa suprématie sur la seconde religion française. Venant d'obtenir que la future fondation pour les oeuvres de l'islam soit organisée sur le modèle du conseil de ce culte qu'elle contrôle, cette fédération, proche des Frères musulmans, s'offrira de surcroît le petit plaisir de célébrer cette nouvelle victoire avec Dalil Boubakeur.

Pour le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) et principal héraut d'un «islam modéré», se rendre au parc des expositions du Bourget, chez les fondamentalistes de l'UOIF, s'apparente à un chemin de croix. L'expression serait malheureuse pour qualifier une démarche musulmane, si l'Union des organisations islamiques de France ne s'ingéniait pas, depuis 1983, date de sa création, à tenir sa rencontre le week-end de Pâques. Sur trois jours, c'est désormais entre 60 000 et 100 000 visiteurs qui viennent, souvent en famille, à cette fête de l'Humanité islamique, où les discours politiques sont prononcés parmi de nombreux stands et animations.

«Que voulez-vous, soupire Dalil Boubakeur, je ne peux pas faire moins que ce que les pouvoirs publics considèrent comme bon pour l'islam de France !» De fait, les ministres passent, et l'UOIF, malgré les mises en garde du recteur de la mosquée de Paris, conforte sa mainmise sur le culte islamique.

Après que Nicolas Sarkozy, contre ses avis, a installé l'UOIF à la direction du CFCM, Dalil Boubakeur a repris un moment espoir avec l'arrivée au ministère de l'Intérieur de Dominique de Villepin. Le nouveau ministre des Cultes avance un projet de fondation des oeuvres de l'islam, dans lequel l'influence politique et financière de l'UOIF pourrait être contenue. L'idée d'ouvrir cette fondation sur la société civile, et de lui permettre de gérer des sommes venues de l'étranger qui, pour une bonne partie, finissent aujourd'hui dans les caisses de l'UOIF, séduit les mosquées indépendantes et nombre d'associations cultuelles et culturelles non représentées au CFCM.

Évidemment, de ce projet-là, l'UOIF ne veut pas. Son secrétaire général, Fouad Alaoui, hausse le ton dans Le Monde : «Nous refusons l'idée d'une fondation.» Puis il précise sa pensée dans le journal marocain L'Economiste : «Je ne vois pas l'intérêt que des personnes extérieures à la gestion du culte s'y impliquent parce qu'elles sont artistes ou chefs d'entreprise. Je ne comprend pas également la volonté de vouloir financer la fondation essentiellement par des fonds étrangers.»

L'UOIF obtient largement gain de cause. La fondation sera cantonnée au culte et dirigée par les membres du CFCM que cette organisation sait manoeuvrer. Exit les représentants de la société civile. Quant au commissaire du gouvernement, il n'aura qu'une voix consultative. Lundi dernier au ministère de l'Intérieur, avant de signer avec les trois autres grandes fédérations du CFCM les statuts de cette future fondation, le président de l'UOIF, Lhaj Thami Breze, peut légitimement se satisfaire d'avoir «pu élaborer ces statuts avec les collaborateurs du ministre». Ultime avertissement : «La fondation ne peut pas être à la disposition de tous les projets de construction de mosquées. Les fédérations préservent leurs moyens d'autofinancement.»

Reste maintenant à passer le cap des prochaines élections au CFCM, prévues le 19 juin. Pour y parvenir, l'UOIF doit remobiliser sa base. Or celle-ci est d'autant plus désorientée et déçue par l'entrisme de MM. Breze et Alaoui, que leur présence dans les instances de l'islam officiel n'a pas empêché le vote puis, surtout, l'application de la loi interdisant le voile à l'école. En septembre dernier, alors que les ravisseurs irakiens des journalistes Georges Malbrunot et Christian Chesnot demandaient l'abrogation de ce texte, la direction de l'UOIF a participé au mouvement d'unité nationale. Mais, prévient Fouad Alaoui, «chaque rentrée sera un test pour tout le monde».

Ce week-end, au Bourget, doit ainsi être présenté le «livre blanc» rédigé par Abdallah Milcent, opuscule qui entend «rétablir la réalité des souffrances de celles et ceux qui ont subi les conséquences néfastes de l'application illégale de la loi». Un soutien théorique sera apporté par l'actuel président du Mouvement de la société pour la paix et son ancien secrétaire général. Venus de l'autre rive de la Méditerranée, ces deux invités de marque ont, avec leurs collègues islamistes, empêché une réforme du Code de la famille et maintenu les femmes algérienne dans leur statut d'infériorité.